Les victoires les plus mémorables de Ferrari dans les compétitions automobiles
Vous cherchez à connaître les victoires les plus mémorables de Ferrari dans les compétitions automobiles ? Depuis la création de la Scuderia en 1947, le cheval cabré a accumulé plus de 5 000 triomphes sur les circuits du monde entier, forgeant une légende sportive sans équivalent dans l'histoire de l'automobile. De la toute première victoire au Grand Prix de Rome en 1947 au retour triomphal aux 24 Heures du Mans en 2023, chaque succès a contribué à bâtir le mythe Ferrari. Ce guide exhaustif vous plonge au cœur des moments les plus marquants de cette épopée exceptionnelle, en analysant les victoires qui ont redéfini les standards de la compétition automobile mondiale.
1947 — La naissance d'une légende : le Grand Prix de Rome
Le 25 mai 1947, la toute première voiture portant le nom Ferrari, la 125 S équipée d'un moteur V12 de 1,5 litre conçu par Gioacchino Colombo, participe au Grand Prix de Piacenza. Si cette première course se solde par un abandon, la revanche est rapide. Le 11 mai 1947, Franco Cortese pilote la 125 S jusqu'à la victoire au Circuit de Caracalla à Rome. Ce triomphe inaugural marque le début d'une aventure sportive qui transformera à jamais le paysage du sport automobile. Enzo Ferrari, qui avait fondé son écurie avec l'ambition de financer la compétition par la vente de voitures de route, voit sa vision se concrétiser dès les premiers mois d'existence de la marque.
Cette victoire fondatrice établit immédiatement les trois piliers qui caractériseront Ferrari en compétition pendant les décennies suivantes : l'excellence mécanique du moteur V12, l'audace stratégique et la capacité à attirer des pilotes de talent. La saga Ferrari venait de commencer, et le monde du sport automobile ne serait plus jamais le même.
1951 — La première victoire en Formule 1 à Silverstone
Le 14 juillet 1951, José Froilán González offre à Ferrari sa toute première victoire en Grand Prix de Formule 1 sur le circuit de Silverstone, en Grande-Bretagne. Au volant de la Ferrari 375, l'Argentin surnommé « El Cabezón » terrasse les redoutables Alfa Romeo 159, considérées comme invincibles depuis le début du championnat du monde en 1950. Enzo Ferrari lui-même a décrit ce moment comme un « assassinat du père », tant Alfa Romeo avait marqué ses propres débuts en compétition en tant que pilote et directeur d'écurie.
Cette victoire historique ne se résume pas à un simple résultat sportif. Elle démontre que la jeune marque de Maranello possède le potentiel technique et humain pour rivaliser avec les constructeurs établis. Le moteur V12 Ferrari de 4,5 litres développant 380 chevaux surpasse la technologie d'Alfa Romeo et ouvre la voie à une domination progressive qui fera de Ferrari l'équipe la plus titrée de l'histoire de la F1.
1952-1953 — Alberto Ascari et la domination totale
Alberto Ascari établit un record qui tient encore aujourd'hui : 9 victoires consécutives en Formule 1 lors des saisons 1952-1953. Au volant de la Ferrari 500, le pilote italien remporte les deux titres de champion du monde avec une marge écrasante qui ne laisse aucune chance à la concurrence. Sur ces deux saisons disputées en Formule 2, Ferrari remporte 14 des 17 courses, un taux de victoire de 82 % jamais égalé depuis.
Ascari incarne la première grande dynastie Ferrari en F1. Son style de pilotage élégant et précis, combiné à la fiabilité exceptionnelle de la 500, crée un duo imbattable. Le pilote milanais pose les fondations d'une tradition victorieuse que perpétueront ses successeurs, de Lauda à Schumacher, en passant par Fangio et Surtees. La période Ascari reste l'une des plus dominantes de l'histoire de Ferrari en compétition.
1949-1965 — L'âge d'or des 24 Heures du Mans
La domination de Ferrari aux 24 Heures du Mans entre 1949 et 1965 constitue l'un des chapitres les plus glorieux de l'histoire du sport automobile mondial. Avec neuf victoires en dix-sept éditions, la Scuderia établit un règne presque sans partage sur l'épreuve reine de l'endurance, repoussant systématiquement les limites de la performance et de la fiabilité mécanique.
| Année | Modèle victorieux | Pilotes vainqueurs | Distance totale | Vitesse moyenne |
|---|---|---|---|---|
| 1949 | Ferrari 166 MM Barchetta | Chinetti / Selsdon | 3 178 km | 132,4 km/h |
| 1954 | Ferrari 375 Plus | González / Trintignant | 4 061 km | 169,2 km/h |
| 1958 | Ferrari 250 TR | P. Hill / Gendebien | 4 101 km | 170,9 km/h |
| 1960 | Ferrari 250 TR 60 | P. Hill / Gendebien | 4 217 km | 175,7 km/h |
| 1961 | Ferrari 250 TR 61 | P. Hill / Gendebien | 4 476 km | 186,5 km/h |
| 1962 | Ferrari 330 TRI/LM | P. Hill / Gendebien | 4 451 km | 185,5 km/h |
| 1963 | Ferrari 250 P | Scarfiotti / Bandini | 4 561 km | 190,0 km/h |
| 1964 | Ferrari 275 P | Guichet / Vaccarella | 4 695 km | 195,6 km/h |
| 1965 | Ferrari 250 LM | Rindt / Gregory | 4 677 km | 194,9 km/h |
Le tandem Phil Hill / Olivier Gendebien mérite une mention spéciale. Ensemble, ils remportent quatre éditions des 24 Heures du Mans entre 1958 et 1962, devenant le duo le plus victorieux de l'époque. Leur complémentarité — la vitesse pure de Hill et la régularité mécanique de Gendebien — reflète parfaitement la philosophie Ferrari de l'excellence technique au service de la victoire.
Cet âge d'or prend fin en 1966 lorsque Ford, animé par la vengeance après l'échec du rachat de Ferrari, lance le programme GT40. La rivalité Ferrari-Ford, immortalisée par le film Le Mans 66, reste l'un des épisodes les plus captivants du sport automobile. Ferrari ne reviendra au sommet de l'endurance que cinquante-sept ans plus tard, en 2023.
1975-1977 — Niki Lauda : le courage incarné
La période Niki Lauda chez Ferrari mêle triomphe sportif et drame humain dans une saga qui transcende le sport automobile. En 1975, l'Autrichien remporte son premier titre mondial au volant de la Ferrari 312T, une monoplace révolutionnaire avec sa boîte de vitesses transversale qui améliore considérablement la répartition des masses et le comportement dynamique en virage.
Mais c'est le Grand Prix d'Allemagne 1976 qui grave Lauda dans la légende. Le 1er août, au virage Bergwerk du redoutable Nürburgring Nordschleife, sa Ferrari 312 T2 prend feu après un violent accident. Piégé dans les flammes pendant près d'une minute, Lauda subit des brûlures au troisième degré au visage et aux poumons. Les médecins lui administrent l'extrême-onction à l'hôpital. Contre toute attente médicale et sportive, il revient au volant seulement 42 jours plus tard au Grand Prix d'Italie à Monza, terminant quatrième alors que ses blessures suintent encore sous son casque.
« Le bonheur est l'ennemi du pilote de course. Il vous rend satisfait de vous-même et, quand vous êtes satisfait, vous n'essayez plus d'aller plus vite. »
Lauda reconquiert le titre mondial en 1977 avec Ferrari avant de quitter l'écurie. Son courage surhumain et sa détermination glaciale incarnent l'esprit de combat de la Scuderia et restent une source d'inspiration pour chaque pilote qui revêt la combinaison rouge.
2000-2004 — L'ère Schumacher : cinq titres consécutifs
La période 2000-2004 représente l'apogée absolue de Ferrari en Formule 1. Sous la direction de Jean Todt, avec Ross Brawn comme directeur technique et Rory Byrne comme concepteur en chef, Michael Schumacher remporte cinq titres mondiaux consécutifs, un exploit inégalé dans l'histoire de la F1.
| Saison | Monoplace | Victoires Schumacher | Total Scuderia | Titre pilotes | Titre constructeurs |
|---|---|---|---|---|---|
| 2000 | Ferrari F1-2000 | 9/17 | 10/17 | ✅ Schumacher | ✅ |
| 2001 | Ferrari F2001 | 9/17 | 9/17 | ✅ Schumacher | ✅ |
| 2002 | Ferrari F2002 | 11/17 | 15/17 | ✅ Schumacher | ✅ |
| 2003 | Ferrari F2003-GA | 6/16 | 8/16 | ✅ Schumacher | ✅ |
| 2004 | Ferrari F2004 | 13/18 | 15/18 | ✅ Schumacher | ✅ |
La saison 2004 culmine avec un record de domination absolue. La Ferrari F2004, considérée par de nombreux experts comme la monoplace la plus performante de l'histoire, remporte 15 des 18 courses du championnat. Schumacher décroche le titre dès le Grand Prix de Belgique, la treizième manche, avec quatre courses d'avance. Ce niveau de domination n'a été approché que par la Red Bull de Max Verstappen en 2023 (19 victoires sur 22 courses).
Le Grand Prix du Japon 2000 à Suzuka reste la victoire la plus émotionnelle de cette période. Schumacher y décroche le premier titre de champion du monde pour Ferrari en 21 ans, mettant fin à une longue traversée du désert. Les larmes de l'Allemand sur le podium, submergé par l'émotion, sont devenues l'une des images les plus iconiques de l'histoire de la Formule 1.
2007 — Räikkönen et le dernier titre pilotes
Le Grand Prix du Brésil 2007 à Interlagos offre l'un des dénouements les plus dramatiques de l'histoire de la F1. Kimi Räikkönen, arrivé chez Ferrari après le départ de Schumacher, aborde la dernière course avec un retard de 7 points sur Lewis Hamilton et de 3 points sur Fernando Alonso. Dans un scénario hollywoodien, Hamilton connaît des problèmes de boîte de vitesses et Alonso ne peut faire mieux que troisième. Räikkönen remporte la course et le titre mondial pour un seul petit point, signant le dernier titre pilotes de Ferrari à ce jour.
Cette victoire improbable illustre la magie qui entoure Ferrari en compétition. L'Iceman finlandais, réputé pour son sang-froid légendaire, incarne la capacité de Ferrari à triompher dans les circonstances les plus imprévisibles. Depuis 2007, la Scuderia cherche à reconquérir ce titre tant convoité, un objectif renforcé par l'arrivée de Lewis Hamilton en 2025 aux côtés de Charles Leclerc.
2019 — Leclerc enflamme Monza
Le 8 septembre 2019, Charles Leclerc remporte le Grand Prix d'Italie à Monza devant des tifosi en délire, offrant à Ferrari sa première victoire sur le circuit national depuis 9 ans (la dernière remontait à Fernando Alonso en 2010). Le jeune Monégasque résiste à une pression intense de Lewis Hamilton et Valtteri Bottas pour s'imposer dans le temple de la vitesse, confirmant son statut de futur champion aux yeux du monde entier.
Cette victoire revêt une dimension émotionnelle particulière. Leclerc, protégé de la filière Ferrari depuis l'adolescence, réalise un rêve d'enfant en triomphant à Monza. L'image du jeune pilote en larmes dans son cockpit, submergé par l'émotion et les cris de joie des 100 000 spectateurs, rappelle les heures les plus glorieuses de la Scuderia. Leclerc confirme cette trajectoire en remportant le Grand Prix de Monaco 2024, une victoire historique dans sa ville natale.
2023-2024 — Le retour triomphal aux 24 Heures du Mans
Après 50 ans d'absence de la catégorie reine d'endurance, Ferrari revient aux 24 Heures du Mans en 2023 avec la 499P, une Hypercar propulsée par un V6 biturbo hybride de 680 chevaux. Le résultat dépasse toutes les espérances : Alessandro Pier Guidi, James Calado et Antonio Giovinazzi offrent à la marque au cheval cabré sa dixième victoire dans l'épreuve mythique, devant Toyota, Porsche et Cadillac.
Cette victoire marque le retour de Ferrari au sommet de l'endurance mondiale et s'inscrit dans la continuité de ses triomphes historiques en compétition. En 2024, Ferrari défend victorieusement son titre au Mans, confirmant que cette dixième victoire n'était pas un coup de chance mais le fruit d'un programme sportif méticuleusement préparé pendant plusieurs années.
« Revenir au Mans et gagner après 50 ans, c'est la preuve que Ferrari reste Ferrari. La compétition est dans notre ADN. »
Les autres victoires emblématiques de Ferrari
Au-delà des moments déjà évoqués, plusieurs victoires méritent une place dans le panthéon de la Scuderia :
- GP de Monaco 1981 : Gilles Villeneuve remporte une victoire impossible avec la lourde 126 CK turbo dans les rues étroites de la Principauté, devançant des monoplaces à moteur atmosphérique bien plus agiles. Ce tour de force illustre le talent brut du Canadien, considéré comme le pilote le plus spectaculaire de l'histoire par Enzo Ferrari lui-même.
- GP d'Espagne 1996 : Michael Schumacher remporte son premier Grand Prix pour Ferrari sous un déluge à Barcelone. Dans des conditions apocalyptiques, l'Allemand domine la course avec près d'une minute d'avance, annonçant la renaissance à venir de la Scuderia.
- Mille Miglia 1957 : Piero Taruffi remporte la dernière édition de cette course mythique de 1 600 km à travers l'Italie au volant d'une Ferrari 315 S, à une vitesse moyenne de 157 km/h sur routes ouvertes.
- GP d'Australie 2022 : Charles Leclerc domine le Grand Prix avec la F1-75, signant une victoire qui relance les espoirs de titre chez Ferrari après des années de disette.
- GP de Monaco 2024 : Leclerc triomphe enfin dans les rues de sa ville natale, mettant fin à une malédiction qui durait depuis ses débuts en F1.
Le palmarès complet de Ferrari en compétition
Pour saisir l'ampleur de la domination Ferrari dans le sport automobile, voici une synthèse de son palmarès global à travers les différentes disciplines :
| Compétition | Victoires | Titres | Période |
|---|---|---|---|
| Formule 1 (GP) | 243+ | 16 constructeurs, 15 pilotes | 1950-présent |
| 24 Heures du Mans | 10 | — | 1949-2024 |
| Championnat du Monde des Voitures de Sport | — | 14 | 1953-1972 |
| Mille Miglia | 8 | — | 1948-1957 |
| Targa Florio | 7 | — | 1948-1973 |
| Toutes compétitions confondues | 5 000+ | — | 1947-présent |
Ces chiffres exceptionnels font de Ferrari l'entité la plus victorieuse de l'histoire du sport automobile mondial. Aucun autre constructeur ne peut prétendre à un palmarès aussi complet, couvrant simultanément les courses de monoplaces, l'endurance, les courses de voitures de sport et les rallyes routiers.
L'impact des victoires Ferrari sur la marque
Les victoires de Ferrari en compétition ont un impact direct et mesurable sur la valeur de la marque et de ses modèles routiers. Chaque triomphe en F1 ou au Mans renforce le prestige du cheval cabré et stimule la demande pour les modèles de série qui en sont dérivés. Les technologies développées en course — hybridation, aérodynamique active, matériaux composites — migrent ensuite vers les voitures de route, justifiant le positionnement premium de Ferrari sur le marché des voitures de luxe.
Comme le documente le site officiel de la Scuderia Ferrari, la compétition reste le cœur battant de la marque, le laboratoire ultime où chaque innovation est testée dans les conditions les plus extrêmes avant de bénéficier aux propriétaires du monde entier. Avec 16 titres constructeurs en F1, 10 victoires au Mans et plus de 5 000 triomphes toutes compétitions confondues, Ferrari demeure tout simplement l'écurie la plus victorieuse de l'histoire du sport automobile.
